
D’un système de crédit interne à la Fintech Alma, le joaillier Maty a transformé son passage en caisse en un levier de croissance stratégique. Entre hausse du chiffre d’affaires web et sécurisation des flux, Patrick Tisserant, trésorier du groupe, décrypte les coulisses d’une mutation réussie.
Dans l’univers feutré de la bijouterie, l’achat d’une pièce est rarement un acte anodin. Qu’il s’agisse d’une montre de luxe ou d’une bague de fiançailles, le prix est un facteur déterminant qui nécessite de l’accompagnement. Pour Maty, pionnier de la vente par correspondance désormais omnicanal avec 43 boutiques, deux sites e-commerce et un plateau téléphonique, la question de la « souplesse financière », comme l’appelle Patrick Tisserant, le trésorier du groupe, est au cœur des préoccupations depuis 2021.
Pour lui, le déploiement de la solution Alma n’était pas un simple ajout technique, mais une réponse à une exigence de service. « Nous souhaitions offrir la même liberté de paiement en boutique, sur le web ou par téléphone et essayons d’apporter toute la souplesse possible à nos clients. Il est important de les accompagner, d’avoir une uniformité quel que soit le canal de vente, indique-t-il. L’expertise des équipes techniques a été déterminante pour la réussite du projet. »
Paiement en 10x ou 12x pour des montres d’exception
Aujourd’hui, 24 % du chiffre d’affaires web de la marque transite par Alma. Si le paiement fractionné (en 2x, 3x ou 4x) est devenu la norme pour le panier moyen de Maty (environ 140 euros en général et 270 euros sur le web avec Alma), la solution a prouvé sa robustesse lors du rachat de Crésus, enseigne spécialisée dans l’occasion de prestige. Les plafonds ont été repoussés jusqu’à 15 000 euros pour des montres d’exception, proposant des financements en 10 ou 12 fois, ce qui a permis l’acquisition de nouveaux consommateurs.
Avant Alma, Maty portait lui-même ses crédits clients. Un « poids mort » pour la trésorerie qui immobilisait des fonds importants et complexifiait la gestion administrative. Le passage à un modèle externalisé a agi comme un libérateur de croissance. Désormais, c’est Alma qui porte le risque et assure un taux d’acceptation de 90 %, un marqueur de performance critique pour le marchand.
Patrick Tisserant ne cache pas que l’argument sécuritaire a été décisif : « Avec Alma, c’est un système gagnant-gagnant. La sécurisation, Alma me l’apporte : à partir du moment où le paiement est accepté, je suis tranquille ». Cette externalisation permet aux équipes de se concentrer sur l’essentiel : la fluidité du parcours. Dans un marché où le consommateur exige des réponses immédiates, la monétique ne doit plus être un goulot d’étranglement. Maty utilise désormais le « paiement par lien », une innovation d’Alma permettant au bijoutier d’envoyer un lien de règlement par SMS ou email pour une commande à distance, garantissant une vente instantanée et sécurisée.




















